Décrispation du climat politique : Abdoulaye Maïga réussit là où Choguel Kokalla Maïga a échoué

Ces trois dernières années, la classe politique était dépeinte comme étant responsable de tous les problèmes que connait le pays. L’ex-Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga dans ses discours semblait être dans une logique de solder des comptes avec les acteurs politiques surtout ceux du mouvement démocratique oubliant souvent que lui-même en est un et que c’est son combat politique à travers le M5-RFP qui l’a conduit au poste de Premier ministre. 

Cette situation ajoutée à la prise de certaines décisions importantes pour la vie de la Nation sans concertation des acteurs politiques avait conduit à une crispation du climat politique. Certains acteurs avaient même décidé de se murer dans le silence après avoir été diabolisés aux yeux de l’opinion.

Après avoir contribué à la crispation du climat politique par ses discours non rassembleurs, l’ex-Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a voulu en début d’année,briser la glace entre les autorités de la transition et la classe politique. Malheureusement, lors des réunions qu’il a convoquées à cet effet, les principaux ténors de la classe politique malienne n’ont pas répondu à son invitation.

Ils ont d’abord boycotté la réunion dite d’information qu’il a convoquée le jeudi 7 mars dernier au Centre international de conférences de Bamako. Ensuite Choguel Kokalla Maïga a invité les présidents des partis et groupements de partis politiques pour autre une réunion à la Primature. Comme pour la première invitation, les ténors de la classe politique ont brillé par leur absence. L’objectif affiché était de les informer et d’échanger avec eux sur les enjeux de la transition, ses acquis et ses perspectives.

Mais en réalité, le but de ces rencontre initiée par l’ex-Premier ministre était de briser la glace qu’il y avait entre les autorités de la transition et la classe politique à la suite de la prise de certaines décisions importantes qui engagent la vie de la nation et jugées non concertées par plusieurs formations politiques.

Après le limogeage de Dr Choguel Kokalla Maïga, la nomination d’un nouveau Premier en la personne du Général de division Abdoulaye Maïga, le chef de l’Etat a mis au cœur des priorités du gouvernement, l’apaisement du climat social.

Sens de l’écoute et du dialogue

Près de deux semaines après sa nomination le jeudi 21 novembre, Abdoulaye Maïga a déjà réussi où son prédécesseur a échoué. Des actes importants ont été posés dans le sens de l’apaisement du climat social et politique.

Abdoulaye Maïga a invité la classe politique à une rencontre le jeudi dernier au Centre de Formation des Collectivités Territoriales. De nombreux ténors de la classe politique qui ne voulaient pas rencontrer l’ex-Premier ministre ont fait le déplacement pour participer à cette réunion. Aussi, de nombreux acteurs politiques et de la société civile avaient maintes fois exhorté les autorités de la Transition à s’impliquer pour la libération des 11 leaders politiques qui étaient détenus pendant plusieurs mois. Ce vœu maintes fois exprimé sous Choguel Kokalla Maïga s’est réalisé alors que le Premier ministre Abdoulaye Maïga rencontrait la classe politique le jeudi dernier. Les 11 leaders politiques ont donc recouvré leur liberté alors que le nouveau Premier ministre échangeait avec la classe politique.

Les acteurs politiques venus massivement à cette rencontre ont remercié l’actuel chef du gouvernement pour son sens de l’écoute et du dialogue. Des vertus qu’il avait déjà prouvées en tant que ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation à travers le cadre de concertation nationale gouvernement-partis politiques et en tant que Premier ministre par intérim.

Certains acteurs politiques ont même indiqué qu’ils avaient décidé de ne plus prendre part aux réunions de ce cadre. Mais avec la nomination d’Abdoulaye Maïga comme Premier ministre, ils sont revenus sur leur décision à cause du respect qu’il a envers la classe politique et son sens du dialogue. La rencontre entre lui et la classe politique où il y eu des échanges directs et francs ajoutée à la libération des 11 leaders politiques contribuent beaucoup à la décrispation du climat politique au Mali. Ce qui était impossible sous son prédécesseur taxé d’avoir créé des clivages entre les acteurs politiques.  

S. Traoré