Depuis quelques jours, des individus mal intentionnés se livrent à des appels à la haine, à des manifestations occasionnant de graves troubles à l’ordre public et tiennent des propos désobligeants à l’égard des autorités administratives et judiciaires. Le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Hamadoun dit Balobo Guindo, a tiré la sonnette d’alarme le mardi 6 mai dernier à travers un communiqué où il soutient que ces propos et agissements sont de nature à dresser les citoyens les uns contre les autres et constituent un terreau favorable pour les criminels y compris les terroristes, dans le but d’ébranler la paix, la quiétude et la tranquillité sociale.
Le procureur Hamadoun dit Balobo Guindo dit avoir ordonné à tous les procureurs de la République du ressort de la Cour d’Appel de Bamako, de veiller scrupuleusement à la préservation de l’ordre public et de ne tolérer aucune violation de la loi quel qu’en soit l’auteur. Il a précisé que la justice sévira avec la dernière rigueur contre de tels agissements et se fera le devoir d’identifier, localiser et interpeller les auteurs de ces faits, conformément à la Loi. En conséquence, le procureur général appelle à observer le calme et la retenue nécessaires et de dénoncer les auteurs des agissements contraires à la loi.
Cette annonce intervient après l’empêchement de la tenue d’un meeting organisé par des regroupements de partis politiques au Palais de la Culture Amadou Hampâté Ba de Bamako à la suite des consultations des forces vives de la Nation pour la relecture de la Charte des partis politiques. L’une des recommandations phares est leur dissolution comme ce fut le cas au Niger voisin à la suite des Assises nationales pour la refondation de ce pays.
Des groupes de jeunes avec à leur tête un membre du Conseil national de Transition (CNT) ont investi le Palais de la Culture la veille dans la soirée et dans la journée du samedi dernier pour protester contre la tenue de ce meeting d’information. Le dimanche 05 mai, le même scénario s’est produit à la Maison de la Presse où des jeunes sont également allés perturber la tenue d’une conférence de presse initiée par des jeunes leaders politiques et de la société civile.
Selon le président de la Maison de la Presse, l’éruption de ces individus a créé un désordre dans ses locaux et des journalistes ont été agressés physiquement et verbalement. Condamnant avec la plus grande fermeté cette agression barbare qui n’a pas sa place dans une société de droit, Bandiougou Danté a invité les autorités à prendre leur responsabilité face à de tels actes qui ne favorisent pas la cohésion sociale. Pour lui, cet acte inacceptable, perpétré dans un espace censé incarner la liberté d’expression et le dialogue, constitue une atteinte grave à la démocratie, à la liberté de la presse et au respect des droits fondamentaux.
S. Sidibé
