Paix et réconciliation nationale : Le projet de charte remis au Président de la Transition

Le projet de Charte nationale pour la paix et la Réconciliation nationale a été remis au Président de la Transition, le mardi dernier au Centre international de conférences de Bamako. La remise du document par le président de la commission de rédaction de l’avant-projet puis du projet de Charte, Ousmane Issoufi Maïga, a marqué la clôture d’un atelier de restitution du document aux forces vives de la Nation et de la diaspora organisé les 20, 21 et 22 juillet derniers.

Les trois journées de restitution ont permis aux participants venus de divers horizons et issus des différentes couches socio-professionnelles de s’approprier le contenu et de jeter un dernier coup d’œil afin de parfaire le projet de Charte avant sa remise officielle au Chef de l’Etat. Issu des recommandations du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation, le projet de Charte se veut un guide pour le renforcement de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de l’unité nationale. Il se compose d’un préambule, de 16 titres, de 39 chapitres et de 105 articles. Le document met en avant une vision de la Nation fondée sur l’autorité parentale, la loyauté, le patriotisme et le travail. Il affirme la souveraineté de l’État à travers la défense nationale, la justice équitable et la bonne gouvernance. Il souligne l’importance de la cohésion sociale, de la réconciliation nationale et du vivre-ensemble, tout en appelant à la préservation des intérêts vitaux. En outre, il encourage le recours à des mécanismes endogènes pour la résolution des crises, engage la lutte contre la délinquance financière, aborde les enjeux économiques et réaffirme la liberté de la presse.

Ce projet de Charte conçu dans un contexte de crise multidimensionnelle constitue un guide pour la paix, la sécurité et l’unité nationale. Il propose une approche fondée sur des idées novatrices et constructives, esquissant une nouvelle architecture de paix, de cohésion et de vivre-ensemble.

Avant sa soumission au vote du Conseil national de Transition et sa promulgation par le Chef de l’Etat, le projet de Charte a été amandé, validé et adopté par les participants de l’atelier national de restitution.

Pour le président de la Commission de rédaction, cette remise est une étape cruciale, mais ne sera pas la dernière de l’appropriation nationale du processus de paix et de réconciliation. Selon Ousmane Issoufi Maïga, l’approche inclusive et participative a permis d’appréhender la richesse de l’histoire et de la culture des Maliens ainsi que leur attachement viscéral à leur nation et à leur origine. D’après lui, le processus de rédaction de ce texte a mis en évidence une ferme détermination commune, une convergence de visions, de principes, de compréhension des aspirations et des actions en perspective. Ousmane Issoufi Maïga dira que ce projet de Charte est le témoignage d’une promesse populaire pour une route du Mali nouveau. L’objectif étant la restauration de la paix, le renforcement de la sécurité, le raffermissement de la cohésion sociale et la consolidation du vivre ensemble à travers la réconciliation nationale.

Après avoir reçu le document des mains du président de la commission de rédaction, le Président de la Transition dira que cette remise est singulière et porteuse d’un rêve collectif notamment l’espoir d’une paix durable, de cohésion sociale et de réconciliation. Le Général d’armée Assimi Goïta soutient que cette remise est une étape décisive de la quête collective des Maliens d’un avenir meilleur. Selon lui, « cette Charte est le fruit d’un dialogue national inclusif et enraciné dans nos valeurs ». Pour le Chef de l’Etat, après tant de soubresauts, d’incertitudes et de ressentiments à la suite de situations de crises ou de conflits, l’heure est venue d’écouter les voix longtemps tues et d’envisager l’avenir sous de meilleurs auspices. « Victime de manœuvres géopolitiques habilement orchestrées, notre État avait été affaibli à dessein et son intégrité territoriale sérieusement ébranlée par des velléités séparatistes sur fond de terrorisme suscité et activement soutenu par des sponsors étrangers », a dénoncé le Président de la Transition, qui soutient que le discernement, la résilience et l’esprit des responsabilités du peuple malien ont permis de contrer ces tentatives et de préserver l’essentiel. Il dira que le peuple malien entend désormais s’illustrer dans la résolution de ses crises et conflits à travers des mécanismes endogènes. Avant d’ajouter que le peuple malien n’avait d’autre choix que de s’approprier cet important mécanisme afin de mettre en place une architecture de paix juste et durable dans le pays à l’abri de toute ingérence extérieure.

Le Général d’armée Assimi Goïta a indiqué que la Charte doit constituer une garantie de notre équilibre social et de nos politiques de développement. Selon lui, elle est appelée à devenir le socle commun des politiques publiques, des stratégies de paix et de réconciliation et de l’action collective pour l’avenir du pays. « La Charte guidera nos institutions, nos autorités traditionnelles, notre société civile et chaque citoyen dans la quête d’un Mali apaisé et unique », a souligné le Chef de l’Etat.

F. Sissoko