Diatoula : Un homme répudie sa femme à cause d’un morceau de viande

Un fait invraisemblable secoue le quartier de Diatoula. M. D, un mécanicien de 45 ans, a répudié sa femme A. K, 38 ans, après une dispute autour d’un simple morceau de viande.

L’incident s’est déroulé le dimanche dernier dans la cour de la maison familiale où vivent M. D, A.K et leurs trois enfants, âgés de 7 à 14 ans. Selon des témoins, la soirée avait pourtant commencé dans une ambiance paisible. M.D qui est rentré tard de son garage à Senou s’était attablé pour déguster un ragoût de pomme de terre préparé par sa femme, une cuisinière réputée dans le voisinage pour ses plats savoureux. Mais lorsque M. D a plongé sa cuillère dans l’assiette, son visage s’est assombri. Au lieu des morceaux de viande auxquels il s’attendait, il n’a trouvé qu’un petit morceau à peine plus gros qu’une noix de cola. « C’est quoi cette plaisanterie ? », a-t-il lancé, selon sa belle-sœur Fatoumata, présente ce soir à la maison. Sa femme affairée à servir les enfants, a d’abord ignoré la remarque, pensant que son mari plaisantait.

Mais M.D n’était pas d’humeur à plaisanter. Il a accusé sa femme d’avoir délibérément donné les meilleurs morceaux de viande à ses cousins, qui avaient rendu visite à la famille plus tôt dans la journée. « Je sue toute la journée sous le soleil pour ramener à manger et toi, tu donnes ma part à tes parents ? », aurait crié M.D. A.K a rétorqué qu’elle avait partagé la viande équitablement et que son mari exagérait pour rien. « Si tu veux plus de viande, vas en acheter toi-même au lieu de m’humilier devant tout le monde », a-t-elle lancé, selon un voisin qui écoutait depuis sa cour.

La discussion s’est rapidement transformée en dispute. M.D, rouge de colère, a renversé son assiette sur le sol, provoquant les pleurs de leur fille cadette. Les voisins, alertés ont accouru pour tenter de calmer les esprits, mais l’homme était hors de lui. Dans son moment d’emportement, il a prononcé des mots qui ont surpris plus d’un.  « Je te répudie », provoquant un silence dans la cour.

Sous le choc, A.K a rassemblé quelques affaires et quitté la maison avec ses enfants pour se réfugier chez sa sœur aînée à quelques rues de là. M.D, quant à lui, a claqué la porte et s’est rendu chez son frère où il a passé la nuit. Dès l’aube, l’histoire s’est répandue comme une traînée de poudre dans tout Diatoula portée par les commérages matinaux au marché et les discussions animées autour des théières.

Au niveau de son garage, les avis sont partagés. « M.D a exagéré, mais A.K aurait dû savoir que son mari est pointilleux sur la nourriture », estime Sokona, une vendeuse de légumes juste à côté du garage. D’autres, comme Ibrahim, un ami d’enfance de M.D, défendent le mécanicien : « Un homme qui travaille dur mérite du respect à table. Sa femme l’a provoqué en public ». Les femmes du quartier, en revanche, sont nombreuses à défendre A.K. dénonçant l’attitude de M.D. « Répudier sa femme pour un bout de viande ? Il a perdu la tête ? », s’indigne Fatou, une coiffeuse du coin.

Mariam, la sœur d’A.K est profondément blessée, non seulement par la répudiation, mais aussi par l’humiliation publique. « Quinze ans de mariage, trois enfants et tout ça parti pour une assiette ? M.D doit revenir à la raison », confie Mariam, les larmes aux yeux. Les enfants, eux, sont désemparés. Leur fils aîné, Moussa, 14 ans, a tenté de parler à son père, mais il l’a renvoyé, disant qu’il « réglerait ça comme un homme ».

De son côté, M.D campe sur sa position. « Je ne suis pas un mendiant dans ma propre maison», a-t-il déclaré à un cousin venu faire la médiation. Certains proches pensent que la dispute cache des tensions plus profondes dans le couple, peut-être liées aux difficultés financières de M.D dont les affaires souffrent compte tenu du manque de marchés actuellement.

Face à l’ampleur de l’affaire, les anciens du quartier ont décidé d’organiser une médiation. L’imam de la mosquée locale, a déjà appelé M.D à la retenue, rappelant que la répudiation, bien que permise, est une décision grave qui ne doit pas être prise à la légère. « Un mariage est un édifice construit avec patience. Le détruire pour morceau de viande est une folie », a-t-il déclaré. En attendant, le sujet est au centre des discussions des habitants de Diatoula.

A. Traoré