Dans le cadre du Système intégré de gestion des ressources humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH), le ministre de l’Economie et des Finances a demandé l’arrêt immédiat du paiement des salaires des 36.151 agents non recensés à compter du mois de septembre prochain.
Pour rappel, le vendredi 15 août dernier, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a reçu du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Bakary Traoré, le rapport d’exécution du SIGRH.
Le processus, mené de mai 2022 à septembre 2024, a permis de recenser 158.317 agents de l’État et des collectivités, dont 122.166 ont été identifiés physiquement et biométriquement. 36.151 agents ont manqué à l’appel. Ce qui représente 4,57 % de la masse salariale, soit 48,28 milliards de FCFA par an. Un délai de grâce de trois mois avait été proposé pour leur permettre de régulariser leur situation, avant toute sanction prévue en la matière.
10 jours après la remise du rapport, le Président de la Transition a convoqué le lundi 25 août, le Premier ministre et quatre membres du gouvernement dont le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, le ministre de l’Économie et des Finances et le ministre du Travail et de la Fonction publique.
À l’issue de la rencontre, le Premier ministre a indiqué que le Chef de l’État a instruit la mise en place rapide d’un mécanisme pour assurer l’exécution correcte des recommandations issues du rapport du SIGRH.
Le Général de division Abdoulaye Maïga a fait savoir que le Président de la Transition a jugé nécessaire d’aller plus vite et des instructions fermes ont été données pour gérer ces « effectifs fictifs » dont l’incidence financière annuelle s’élève à plus de 48 milliards de FCFA.
« Dans les jours à venir, l’opinion nationale sera bien édifiée par rapport à des actions qui vont être adoptées et prises très rapidement dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations », avait indiqué le Général de division Abdoulaye Maïga. Selon lui, en dehors du délai de grâce de trois mois dont la suspension des salaires de ces 36.000 fonctionnaires fictifs devrait suivre, le gouvernement a reçu d’autres instructions allant dans le même sens.
Avant même ce délai, le gouvernement vient d’annoncer la suspension des salaires. Dans ce sens, le ministre de l’Economie et des Finances Alousséni Sanou a adressé une lettre circulaire le 26 août dernier aux directeurs administratifs et financiers de la Présidence de la République et de la Primature, aux présidents des conseils régionaux, aux gestionnaires des institutions de la République, des autorités administratives indépendantes, aux directeurs des ressources humaines des départements ministériels. Mais aussi, au directeur de l’administration de la justice, aux directeurs des finances et du matériel des départements ministériels, aux gestionnaires des EPN, aux directeurs régionaux du Budget et du District de Bamako ainsi qu’aux directeurs d’académies d’enseignement.
Dans cette lettre, il a expliqué que le processus du SIGRH a permis le recensement d’un effectif de 158.317 agents publics sur lesquels, 122.166 ont l’objet d’enrôlement biométrique soit un effectif de 36.151 agents publics qui ne se sont pas présentés à l’enrôlement, pour une masse salariale de 48,28 milliards de FCFA par an. Selon le ministre Alousséni Sanou, sur les 122.166 agents, il y a des doublons qui ont été constatés avec ou sans Nina. C’est pourquoi, il a demandé de procéder, à compter de septembre 2025, à l’arrêt immédiat du paiement des salaires des 36.151 agents non recensés. Mais aussi, de procéder à la suspension des salaires des cas de doublon constatés des 122.166 agents avec ou sans Nina.
A noter que le SIGRH repose sur trois phases à savoir le recensement à l’aide de fiches individuelles, l’enrôlement biométrique à travers tout le pays et l’intégration des données dans un logiciel conçu et hébergé au Mali.
A. Sanogo
